Simon, 26 ans

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Elle est pas là. elle est pas là du tout!

Simon, 26 ans

Simon, 26 ans

Il m’est arrivé un malheur, il y a quelques temps. Ma compagne est décédée. Le 31 octobre, le soir de Halloween. Il y a trois semaines.

C’est arrivé il y a trois semaines. Je suis parti au travail le matin. Valentine. Je voulais rentrer vers 17 heures. Elle était en stage et devait rentrer vers 21 heures. Suis arrivé à 18 heures; Y avait sa voiture en bas. C’était pas fermé à clef.

Je l’ai retrouvée dans la chambre. Elle était assise sur sa chaise. Cardiopathie arythmogène. Le médecin légiste a dit qu’elle n’avait pas souffert du tout. Un truc que l’on ne trouve pas si l’on ne cherche pas.

J’étais en état de choc.

C’est ce que les policiers ont vu.

Je ne savais pas ce qui se passait. J’avais compris au moment-même où j’ai appelé le SAMU. J’étais assommé. Le reste de la semaine, j’étais triste et en colère.

Mais j’ai laissé les émotions de côté parce que j’avais l’enterrement à organiser.

J’ai décidé de déménager. Au début, je ne savais pas trop ce que j’allais faire. Beaucoup de tristesse. J’étais perdu. c’est vraiment bizarre. Elle est pas là. Elle fait sa journée. et puis, je percute. Elle est pas là du tout. Je me dis qu’elle est juste pas là. Que je peux lui envoyer un message.

Sur des petits trucs cons, ça me met une claque. Tristesse. Colère. Mais c’est rassurant de savoir que j’ai des possibilités de parler, que je suis pas bloqué là, tout seul.

.Mais en même temps, j’ai du mal à prendre conscience.

Je crois qu’au fond de moi, j’espère qu’elle va revenir. C’est arrivé tellement brutalement. La veille, elle allait bien. Ca me parait injuste.

Putain. C’est complètement délirant.

J’ai la chance d’être bien entouré par la famille, les amis. Pour le moment, je ressens pas le besoin d’aller voir quelqu’un. C’est pas facile au niveau des sentiments. Je suis hyper pudique. Je montre rien. Elle, elle me faisait parler. Elle m’a aidé. Elle m’a fait comprendre que c’est le but du couple. Le moteur. Et que c’est rassurant.

Barbara, 50 ans

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Evidemment, pour lui aussi, ça renvoyait à l’enfance

Barbara, 50 ans


Barbara, 50 ans

J’avais 40 ans. Dix ans plus tôt, j’avais commencé une psychothérapie. Dans ce travail sur moi, j’ai pu sortir mon chagrin, les choses qui ne me convenaient pas dans mon couple.

J’avais été élevée par des gens psychorigides. La psychothérapie m’a fait prendre conscience que j’aimais mon mari mais que la relation était nulle. Tu peux aimer quelqu’un et ne pas pouvoir vivre avec lui. Chacun est porteur de son histoire. La connexion se fait ou ne se fait pas.

L’autre ne comprend pas les souffrances, ne peut pas les comprendre.

On s’est séparés pendant sept mois. Car trois avant avant , j’avais reçu un appel à la maison. Votre mari a une maitresse. C’était vrai…On s’est expliqués. Il a arrêté.

Il a eu peur. La fille lui a fait peur. Elle voulait détruire notre mariage. Lui, ne vouait qu’une maitresse. On recommence difficilement. Je pense que j’étais dépressive… Je me reprends en main. Je prends mon autonomie.

Mais la relation est pourrie. On décide de se séparer. On va voir une avocate. Elle fait la séparation. Pendant sept mois, on vit bien. Chacun avait retrouvé son espace. Mais pas d’amour.

Je n’ai rencontré personne.

Lui est allé avec la soeur de la marraine de ma fille. C’est mon fils qui me l’a annoncé.Tu ne dois pas tout connaitre sur papa. Ca l’a beaucoup touché.
Au bout de sept mois, l’avocate rappelle. On attaque la procédure de divorce? Elle nous explique. Mais on décide de se remettre ensemble.

J’avais avancé dans mon travail sur moi. Et lui a commencé à aller voir un psy. Les choses ont commencé à se poser. Un peu plus sereins.

Là, ça fait dix ans qu’on a recommencé. Il faisait beaucoup le fanfaron. Dans les dîners, il se comportait comme un coq. Assez prétentieux. Moi, ça me renvoyait à cette trahison, à cette blessure…Il était violent en mots.

J’ai vraiment vécu cela comme un traumatisme. Comme le cancer qu’on m’a annoncé. Le trou noir…Extrêmement profond!

Notre vie de couple est allée cahin-caha. J’ai compris que mon traumatisme renvoyait à l’enfance. Evidemment, pour lui aussi, ça renvoyait à l’enfance.
Il n’a pas de notion de bien et du mal. Il était violent envers moi, parce que sa mère était incestueuse avec lui. Il a développé une phobie des femmes.

La femme l’attire mais le lien lui fait peur. Pour lui, la femme est une mante religieuse qui le mange. Chaque moment de bonheur ou même agréable, il le cassait.

Son travail thérapeutique lui a permis d’arriver là. Il se guérit. Il m’aime de plus en plus.

Elisabeth, 78 ans

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Elisabeth, 78 ans

J’aurais dû être plus décontractée sur le sujet!

Elisabeth, 78 ans

J’avais 18 ans. Il y a 60 ans.

Il y a 60 ans, les circonstances étaient extraordinairement différentes. Je ne me suis jamais beaucoup occupée de moi… Y a un vieux principe:

Charité bien ordonnée commence par soi-même!

J’ai fait des études. A vingt ans, j’étais lancée dans un tas de choses dans le monde étudiant. Soquettes, jupe plissée, une fille normale, gourde, godiche…  De mon époque. Très portée sur les études. Je faisais un tas de choses. Archi engagée. Quelque chose de terrible!

 

S’est présenté l’homme que j’allais épouser. A un moment de ma vie où j’en avais assez d’être la fille aînée, ligotée, en charge de tout. C’était un ami de mon frère. Dans la marine marchande. C’est pas intéressant. A une boum, je l’ai rencontré. C’était  extrêmement bien. C’était tout nouveau pour moi. Je le trouvais agréable, sympa. J’étais tellement sosotte!

Il est parti en Algérie. En 56.

L’armée rouge à Budapest…Un flot de Hongrois est arrivé dans Paris. L’un d’entre eux, très romantique, ne m’a plus quittée pendant des mois. Et puis, je rencontrais des tonnes de Latino-américains. Un jour, j’ai rencontré un sud- Américain, chirurgien, étudiant, qui me faisait la cour.

Le Hongrois, d’une grande famille, exalté, patriote, était tout le temps avec moi. On sillonnait Paris, il parlait bien français, on dinait au Scandia Club, dans le quartier latin.Il plongeait la main dans sa poche et lâchait un flot de billets sur la table…Exaltation…

Tous les soirs, j’écrivais une lettre au fiancé. Le soir où il est rentré de permission, je suis rentrée très tard et j’ai dit à Maman:

-Georges, c’est terminé!

-Eh bien! ma chérie, il était temps!

J’ai toujours été très cérébrale, très cartésienne.

Ma meilleure amie était juive, russe. j’adorais son père qui récitait Guerre et Paix en russe. Je vivais dans cet état-là. Un jour, très justement, il m’avait dit:

-Ce n’est pas une histoire pour toi! Tu aurais toujours envie de pots de confiture dans tes placards. Tu n’es pas faite pour une passion slave.

Ca n’a pas été très douloureux. Je suis revenue les pieds sur terre. Je ne vais pas vous inventer des trucs. J’ai oublié ce que j’ai éprouvé.

Qu’est-ce que j’avais comme qualités?

Drôle, dynamique, chef de bande.

Veuve, j’ai été courtisée. Je recevais beaucoup de confidences. Y a pas d’amour éternel, ça n’existe pas… Les histoires d’amour ont la fâcheuse tendance de s’enchaîner. Une tristesse chasse l’autre.

Mais j’avais un sens aigu du devoir, qui m’a beaucoup aidée.

Ce que j’ai ressenti? Toutes ces histoires sont compliquées à gérer… J’ai ressenti très douloureusement l’histoire de mon père, qui est parti. Les hommes sont d’une telle connerie!

J’ai été bousillée par un tas de tabous cathos ridicules. ..Ma foi m’a beaucoup aidée. C’est peut-être difficile à croire. Depuis quelques mois, je réfléchis à tout cela. Je viens d’une éducation chrétienne très fermée avec une vision très faussée de la sexualité. Apres tout, la sexualité n’est pas une faute!!!

Mais quand je vois la jeunesse, je ne suis pas certaine que l’on ne soit pas tombé d’un excès dans l’autre. Coucher avec quelqu’un, c’est donner tout de soi-même.

Maintenant, je regrette de ne pas avoir été plus décontractée sur le sujet. Y a pas de mal du tout à tout cela.

Ceci étant, aller piquer le mari de votre amie est une faute grave…

Jérôme, 35 ans

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Elle m’a arraché une patte…Mais elle ne m’a pas tué

Jérôme, 35 ans

Jérôme, 35 ans.

Ca a été un coup de poignard dans le dos. Un trahison. J’ai souffert quinze jours. J’étais dans un état de nerfs incroyable.

J’ai eu une période où j’avais besoin d’en parler. Maintenant, c’est une bonne expérience pour avancer. Il faut tirer du positif. Ca fait deux ans maintenant que je vais mieux. Ca s’est passé il y a cinq ans, quinze jours après mes trente ans.

J’avais besoin qu’elle me le dise, que mon couple était fini. Après, j’ai pu me consacrer à mon fils. J’ai arrêter de souffrir dès que j’ai commencé le combat et que j’ai obtenu la garde. Elle s’est rapprochée de mon lieu d’habitation afin d’obtenir l’alternance. Alors qu’elle était partie loin.

Je ne souffre plus pour moi. J’essaie de faire en sorte que mon fils ne souffre pas trop. La seule douleur maintenant, c’est la douleur pour l’enfant. Elle a pris mon fils en otage, elle m’a fait chanter.

Je suis moi-même un fils de divorcés. Pour moi, ça a été très douloureux de vivre un week-end sur deux chez mon père. C’est lui qui était parti. Je ne lui en ai jamais voulu. Enfant, je ne me suis jamais posé la question. J’avais trois ans et demi, comme mon fils.

J’ai été trompé parce que je ne voulais pas me marier. Ou j’attendais que mon fils puisse en avoir le souvenir. J’ai élevé son fils de quatorze ans; elle ne voulait pas travailler.

Quand on souffre, c’est qu’on espère encore. Est-ce qu’elle va revenir? Je ne sais pas si elle est heureuse. Je l’espère,  pour la stabilité de mon fils. J’ai l’aspect d’un homme, mais je réfléchis comme une gonzesse.

Le pire, c’est quand le gamin fond en larmes le dimanche soir, parce qu’il ne veut pas aller chez sa mère. Ca, c’est le pire…

Elle m’a arraché une patte mais elle ne m’a pas tué. Elle a essayé de me planter, elle y est pas arrivée. J’étais peut-être aussi trop dur avec son fils, elle me l’a reproché. Il n’avait aucun repère, j’ai essayé de lui en donner.

Un enfant, c’est unique.

Michel, 67 ans

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la fidélité, c’est une obligation sociale…

Michel, 67 ans

Michel, 67 ans

18 ans. Forcément, y a de la tromperie…

Je ne sais pas quoi vous dire… Les tromperies, c’est pas grave… Ca ne m’a jamais posé de problèmes, ni dans un sens, ni dans l’autre. Ca ne fait pas partie de ma morale! Je suis persuadé que l’être humain n’est pas fait pour être monogame.

Etre fidèle, c’est forcément une frustration et une obligation morale mais ça ne correspond à aucune finalité biologique.

La fidélité et l’amour, ça n’a rien à voir…

La fidélité est une obligation morale que l’on s’inflige par rapport à des normes sociales. De mon point de vue, je ne suis pas contre la polygamie. Tu peux être fidèle à quatre hommes ou quatre femmes à la fois. Tout le monde étant au courant, il n’y a pas de tromperie.

La polygamie institutionnalisée est comme la monogamie institutionnalisée. Y a pas de différence… Mais par économie, il vaut mieux avoir les femmes successivement que en même temps (cf au Maghreb)!!!

La fidélité n’est pas du tout importante. Y a forcément du mensonge, sinon tu cours à la catastrophe assez rapidement. Mensonge salutaire comme il y en a plein d’autres. Un jardin secret, c’est nécessaire à l’équilibre de quelqu’un. Le mensonge social, c’est important.

La personne avec laquelle tu vis, c’est pas un autre toi-même. La fusion, ce n’est pas une bonne chose. D’ailleurs, c’est impossible.

Je n’ai souffert par amour que physiquement. Pas psychologiquement ni sentimentalement.

Pendant dix-huit ans, je me suis comporté comme un coupable. Elle était tellement chiante de toutes les manières … Lâchement, j’avais pris le parti de tout accepter parce qu’au moindre truc, ça se terminait en catastrophe. Donc, j’étais toujours d’accord avec elle. A la fin seulement, elle m’a dit:

Mais pourquoi tu ne veux plus m’obéir?
C’est à ce moment-là que j’ai tout compris. Le jour de mes cinquante ans, je lui ai dit:

C’est une date qui compte, y aura plus rien comme avant, je ne t’obéirai plus.

Eh bien, je divorce…

Cinq ans de procédure.

J’avais été plusieurs fois chez le médecin. j’avais porté plainte… Des bleus. Mais aussi dans une boulangerie, elle m’avait barbouillé de chocolat avec un pain au chocolat devant tout le monde sur mon T-shirt blanc. Elle avait fait une crise de jalousie. C’était une jalousie maladive…Sa jalousie avait entraîné ma tromperie.

Je n’osais même pas demander à une employée si elle avait besoin d’un verre d’eau. J’avais intérêt à être à ses pieds…

Je n’étais pas un séducteur. En tout cas, je ne me voyais pas comme ça!

Y a un truc vrai, c’est que j’aime les gens, quels qu’ils soient.

Pendant ces dix-huit ans, j’ai été frustré. Je n’avais pas le droit d’aller vers les autres. Dans les premières années, j’ai fait des erreurs que je n’ai jamais refaites. Si je disais à l’issue d’un dîner: On a bien dîné, elle répondait: Chez nous, on mange mal?

Une susceptibilité maladive…

Elle m’a trompé…Ca ne m’a rien fait.

Il y a encore beaucoup de haine entre nous. Argent, saloperies. Il est possible que j’interdise qu’elle vienne à mes funérailles!!!

Jamais eu de liaisons. Un petit coup vite fait… J’ai toujours été gentil… J’ai jamais fait de mal à une mouche…

Angela, 44 ans

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Je me suis fait kidnapper par un homme qui avait dix ans de plus que moi

Angela, 44 ans

Angela, 44 ans

Après 30 ans de vie commune, j’ai décidé de quitter mon mari!

On a passé une vie un peu chaotique ensemble… On s’est mariés à l’âge de quinze ans tous les deux. Ce sont nos parents qui l’avaient décidé.

A quinze ans, je me suis fait kidnapper par un homme qui avait dix ans de plus que moi et qui voulait m’épouser. A cette époque-là, j’étais en Arménie. J’ai été retenue pendant trois jours et j’ai vécu des moments difficiles. Mais il ne m’a pas touchée, il voulait vraiment m’épouser.

J’ai eu vraiment peur. J’étais une enfant, lui un homme. Trois copains à lui avaient aidé pour le rapt, et l’un d’entre eux a bien voulu comprendre que je ne voulais pas épouser cet homme. Il m’a alors proposé de partir avec lui. J’ai vu que c’était la seule issue et j’ai accepté. Tu m’emmènes chez moi, tu demandes ma main et je m’arrangerai…
Il m’a donc ramenée à la maison, et je lui ai alors expliqué que c’était pour m’échapper et que je ne l’épouserais jamais.

Ca n’a jamais été comme ça en Arménie, j’étais une exception. Ils m’avaient déplacée nuit et jour, pendant trois jours et je n’avais ni mangé ni dormi pendant ces trois jours. J’en fais encore des cauchemars. La nuit, je ne me lève même pas pour aller aux toilettes. Quand je marche dans la rue, j’ai peur qu’on m’attrape par le dos. J’ai une phobie, je psychote grave.
Heureusement, il ne m’a pas violée. Je n’ai pas porté plainte. Il venait de perdre son père. Sa mère m’a demandé à genoux de ne pas faire jeter son fils en prison.

En fait, après cet épisode, comme j’avais un petit copain, un amoureux, Daniel, avec qui il ne s’était encore rien passé, les parents des deux côtés ont décidé de nous marier. Pour me mettre à l’abri.
Et à l’âge de quinze ans, je suis devenue une femme de maison. J’ai arrêté l’école et j’ai pris des cours à distance. J’ai passé mon bac et j’ai poursuivi par une école de management à Erevan.
Juste avant de me marier, j’étais une danseuse traditionnelle en danses arménienne et russe et j’aurais pu avoir une carrière.
Apres, maman à dix-sept ans, une fois. Deuxième fois, vingt-et-un ans.

On s’est mariés vraiment à la mairie, on avait alors dix-huit ans, et on est arrivés en France. en 99. On avait vingt-quatre ans. Avec des enfants de sept et trois ans. J’avais mon diplôme de manager, mon mari était chef de choeur, il travaille au conservatoire.

On s’est installés très bien, on a trouvé du travail très rapidement.

Et quelques années plus tard, j’ai découvert qu’il me trompait avec une personne que je connaissais. Et tout s’est écroulé. Après cela, j’ai fait une dépression. C’était une trahison extrême pour moi et l’enfer a commencé.

J’ai arrêté de travailler, je ne m’alimentais plus, je ne dormais plus, j’étais sous anti-dépresseurs. Et comme je voulais sauver mon couple, et lui aussi, on a fait des efforts pour rester ensemble. Les enfants étaient petits. Sauf que je le repoussais sans le vouloir. Je donnais plus rien. J’étais fermée. C’était plus possible. J’avais plus de désir.

Donc, il m’a retrompée. Avec une autre. Et ce cercle infernal a duré dix ans.
Il changeait de femme. Mais il voulait rester avec moi. Il n’arrivait pas à rester fidèle. Il allait  chercher ailleurs. J’étais trop blessée.
En 2007, on a divorcé. Et quelques temps plus tard, il m’a demandé de revenir pour sauver notre belle histoire. J’ai accepté à une seule condition, un seul faux-pas et je  le quitterais pour toujours.
C’est arrivé trois ans plus tard. 2011. On se sépare. Il déménage dans un autre appartement, que nous avions. Alors, j’ai rencontré quelqu’un. C’était mon premier autre homme.
J’ai une vision de la vie un peu bizarre. Pour moi, si je couche avec quelqu’un, je dois vivre une histoire un moment. Sinon, je me sens sale. Il est revenu me chercher et j’ai encore cédé. Et depuis 2011, on est de nouveau ensemble.

Mais depuis dix ans, je sens qu’on est devenus comme frère et soeur. Mes enfants sont partis de la maison et le tête-à-tête avec lui me fait peur. Quand il n’y plus d’enfants, c’est different. Ma situation d’aujourd’hui aurait du arriver plus tard dans ma vie, mais comme j’ai commencé plus tôt que tout le monde, ça m’arrive à quarante-quatre ans.

C’est une relation curieuse. Je ne me vois ni avec lui, ni sans lui. Je suis en réflexion depuis quelques mois. Je gagne bien ma vie, je suis indépendante. J’ai toujours été indépendante. Mais imaginer ma vie sans lui me fait peur. Et là, j’ai pitié car je le vois très malheureux. J’ai envie d’essayer de nouveau un week-end avec lui, avant de prendre une décision définitivement. Car c’est malgré tout une belle histoire qu’on a vécue.
Je mentirais en disant que ça ne me fait pas peur de rester seule. Je ne crois pas au dicton Mieux vaut être seule que mal accompagnée. On est faits pour vivre à deux.

Je n’ai jamais eu de vie toute seule. Je connais pas la vie. C’est un peu bizarre. Il dit qu’il veut tendresse, amour. Je veux la même chose. Mais on se le donne pas. On a déjà vu quelqu’un, mais je crois pas trop.
Notre histoire est tellement complexe. Je sais pas la définition de l’amour. C’est quoi l’amour?
Il y a une chose aussi. Etre heureuse me fait peur. Dans ma tête, je me dis, je suis trop heureuse, il va m’arriver un truc. La naissance de mes enfants, l’arrivée en France, le pays qui m’a fait comprendre ce que je suis en tant que femme…

Je me suis sentie libre en France. A l’arrivée, je ne parlais pas un mot. Mais à Charles de Gaulle, c’était comme si j’arrivais enfin chez moi. J’avais rasé l’histoire de l’Arménie, et ici, c’est une nouvelle vie qui commençait. Même en laissant ma famille là-bas… C’est égoïste, non?

Je suis une battante. Dans le travail, j’ai confiance en moi. J’ai beaucoup évolué dans le monde du travail. Ma grande force, c’est de toujours chercher le positif dans le négatif, et de me contenter de très peu dans ma vie. Malgré une apparence très soignée, j’ai besoin de très peu de choses.
Etre déracinée, ça m’a rendue très ouverte. Je veux aider. J’ai un grand respect pour les personnes âgées, cela vient peut-être du manque de ma famille. Je cherche ma mère partout, car je l’ai perdue très jeune. Et avec tout ça, j’essaie de vivre. pour laisser quelque chose après. La vie ne s’arrête pas après la mort.

J’ai besoin d’être désirée, aimée. A quarante-quatre ans, il y a des gens qui commencent leur vie. Si je reste avec mon mari, j’ai l’impression de finir ma vie. J’ai tout vécu. Je vais tout droit au cimetière.
C’est pas le sexe que je cherche. C’est une histoire que je cherche. Les différentes tromperies m’ont éloignée de lui.

Il fallait qu’il vive sa jeunesse. Il ne voulait pas me blesser. Il est très intelligent. On pourrait penser que c’est un pervers narcissique, mais non. Il est d’une famille très riche.

Moi, je suis d’une famille d’ouvriers. Mes parents m’ont élevée avec beaucoup de principes.

Dans la tromperie, c’est le manque de respect qui m’a le plus dérangée. Il ne se souciait pas que je le découvre. J’étais KGB, j’avais des doutes, le sixième sens

Louis, 59 ans

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J’avais une vision très simpliste de la vie, et assez naïve…

Louis, 59 ans

Louis, 59 ans

infidelitestromperiestémoignagesinterviews Non classé 12 septembre 2019 2 Minutes

On n’est jamais certain de ne pas avoir été trompé. Je ne suis pas forcément jaloux mais je suis assez vigilant quand je suis dans une relation. Ca me fait penser à une histoire amusante.

Nous avions décidé de passer les fêtes du Jour de l’An, à l’Hotel du Golf, à Corrençon-en-Vercors. Mes amis étaient avec un couple d’amis. Mon ami Hubert avait dit grand bien de moi, avait vanté toutes mes qualités. Nous étions dans une ambiance agréable et apaisante.

Le jour même, pendant le réveillon, tout le monde s’est mis à danser. L’ami de Hubert dansait beaucoup avec ma femme.Moi, je me suis pris un vieux réflexe de jalousie… la sensation de ne plus exister.

Je n’ai pas de souvenir de ressenti physique, de douleur de ce moment de jalousie. Mais, ça a été plus fort que moi, au bout d’un moment, je n’en pouvais plus, j’ai quitté la scène et je suis parti me coucher.

Ce qui est probablement la pire des choses à faire! S’enfermer tout seul, dans ses idées noires, sans plus rien à confronter avec sa propre réflexion.

Le lendemain matin, j’étais complètement bloqué, incapable de parler! Ca m’avait trop fait souffrir…On s’est retrouvés au petit déjeuner, puis pendant la promenade, je n’ai pas dit un mot. Et c’était pas calculé. Je ne pouvais pas. C’était plus fort que moi… C’était la souffrance…
Hubert a vécu cette histoire d’une manière incroyable! Il n’a jamais compris. Jamais compris les éléments de ce moment, ou pas vraiment.

Si je fais une recherche dans ma vie, je crois que j’ai été traumatisé lorsque l’on m’a mis en internat dans un collège. J’avais une vision très simple de la vie et assez naïve,. Je serais toujours un enfant et mes parents seraient toujours mes parents. Le monde était d’une quiétude et d’une sérénité extrêmes.

A dix ans, je suis entré au collège. Et là, j’ai eprouvé un sentiment d’abandon atroce, je pleurais tous les soirs. Ca m’a fait énormément souffrir.

J’ai une vision complement enfantine de l’amour. Je suis à la fois dans la fusion et dans l’indépendance au quotidien. Je le vois comme un domaine où chacun reste avec sa personnalité, s’enrichit de l’autre et l’enrichit, sans rien se cacher. Je suis très idéaliste.
Je préfère mourir avec des idéaux non réalisés plutôt que réaliser des à-peu-près. Le rêve est un des éléments les plus déterminants dans la qualité d’une vie.

Je suis gai et optimiste mais au fond de moi-même, je sais qu’il y a un terme fatal qui arrêt tout. Je pense très souvent à la mort.

J’ai l’impression d’être un vieux rentier qui vit sur un trésor, la qualité de ma vie.Dans ma vie, tout me plait, tout est très bien. Le risque , c’est forcement qu’un jour, ce soit moins bien…Je suis dans la conservation de ce que j’ai acquis…

Je ne suis pas suspicieux dans la relation, mais s’il y a des indices qui font germer une inquiétude, je deviens très vigilant! La jalousie, c’est un manque de confiance en soi.



Christian, 61 ans

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On met en scène sans jamais qu’il y ait de première.

Christian, 61 ans

J’ai trompé dans ma tête.

J’ai un rapport à la femme qui est un sentiment amoureux. En admiration de ce qu’est la femme d’aujourd’hui. Dans chaque femme, il y a des qualités et une force extraordinaires. Une dualité faiblesse / force. Ce qui lui donne une puissance phénoménale. Il y a dans la force des femmes, une faiblesse attirante et qui me fait rêver.

C’est littéralement un comportement amoureux. Pour la femme en général, sans me fixer sur un objet particulier. Et je me détourne de ma femme à moi. Comme si j’étais vraiment amoureux.

Une restriction sur l’alimentation. Une certaine distraction. Des pensées un peu fixes, une obnubilation. Des ébauches de projets sans passage à l’acte. Un début de projet.
Je le vis très mal dans mon couple. Je prends conscience que cela correspond à un manque. Et que c’est l’aveu du rejet d’une certaine partie de ma vie de couple. J’aspire à d’autres horizons.

Y a eu des passages où il y a eu des provocations très fortes. Et d’autres moments où je gérais plus ou moins bien des manques. C’est du non-dit.

Je n’en voulais pas à ma femme. On a la sensation d’une stérilité du sentiment factice conjugal. Cela ne permet pas d’améliorer ta condition de vie maritale.

A quoi bon continuer de rêver?

C’est une certaine infidélité qui n’est pas concrétisée. Une communion bien ressentie à l’extérieur du couple. On met en scène sans jamais qu’il y ait de première. Quand on a expulsé ses pensées déviantes, le retour au couple se fait ainsi:

-tu fais le point de la relation en magnifiant tous les points qui t’ont ancré dans la relation depuis toujours.

-tu reviens sans reproches et sans misogynie.

Je n’ai pas réglé mon problème, c’est juste ma soupape de sécurité. Une façon d’exister au moindre coût. Qui me permet de ne pas détruire l’ensemble de l’oeuvre, la totalité de ce que j’ai construit.

Ce sentiment que je peux avoir, il n’y a aucune raison que je l’annihile. Pas d’interdit complet. Pour moi, ce n’est pas au programme. J’imagine que ma femme puisse m’avoir trompé. Pourquoi pas?
Pour l’instant, coexistence pacifiée.

Dominique, 57 ans

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Il ne m’a jamais franchement battue!

Dominique, 57 ans

J’avais 28 ans.

J’étais très amoureuse d’Adriano. Extrêmement sensuel. Un grand séducteur. Toutes les femmes le voulaient. Au fond, j’étais très fière qu’il ait choisi de m’épouser, MOI.

J’étais très naïve. Je croyais au grand amour.

J’ai maintenant la conviction que c’était un être très souffrant, très frustré, un artiste qui n’arrivait pas à trouver son mode d’expression.

Il avait une mère glaciale, très réservée. Lui, il débordait de tous côtés. Il avait peur de la vie, des femmes. Il en consommait beaucoup.

On a dû passer trois ou quatre mois de bonheur. Où ça allait bien.

Quelques mois après, il a commencé à avoir des aventures. Un jour, il y a eu des sous-vêtements dans le lit et je l’ai mal pris. Lui, très innocent. C’était inimaginable pour lui. Il avait toujours pensé que nous serions un couple très libre.

Il buvait énormément. Il partait trois jours sans me dire où il allait. Je savais qu’il dormait avec des copains ou avec des femmes… Il avait été homo quand il était adolescent. Il s’était prostitué. Il avait été complètement accro à l’héroïne pendant plusieurs années.

Il avait une fille que je n’ai jamais vue.
Enfant, il avait été confié à ses grands-parents. Sevré de la drogue, il a commencé l’alcool. J’ai vécu ses trahisons. Je fermais les yeux.

Je n’arrive pas à me voir pendant ces années. J’étais absente à moi-même . J’avais oublié mes envies, mes désirs.

Il appelait ses absences, ses virées tziganes. Il a commencé à boire à la maison. Quand je rentrais de la fac, il était ivre mort, complètement allumé. Il a menacé de me tuer. Il m’a menacée avec un verre cassé.  Il ne m’a jamais franchement battue. Je me serais défendue violemment.

Il avait une violence verbale terrible. Je n’ai mesuré cette violence que des années après, il y a quinze ans. Une de mes amies s’est fait battre par son compagnon. Je l’ai mise en relation avec une avocate et c’est en l’écoutant que j’ai compris ce que j’avais subi!

J’avais honte. Je ne pouvais en parler à personne, surtout pas à mes parents, ni à mon frère et même pas à mes amis.

Je n’ai jamais parlé de cette violence à quiconque. Et je suis tombée malade…J’ai retourné la violence contre moi. Le diabète dont je souffre est une maladie auto-immune. C’est mon corps qui a pris le relais.

Ca ne s’est pas fait en un jour pour que j’arrive à partir de chez moi. Il a fallu un facteur déclenchant.

Il est tombé amoureux d’une autre femme.

Il me l’a dit. Il voulait que je m’en aille.

Je n’arrivais pas à faire ma valise. Je ne savais pas où aller.  Et je me souviens très bien…

Un jour, j’ai commencé à boire. J’ai ouvert une bouteille et je l’ai entièrement descendue. Heureusement, une de mes amies m’a téléphoné. Bouge pas. j’arrive…Elle a fait ma valise. Regarde bien ton appartement! Tu n’y reviendras jamais… Et elle m’a hébergée.

Cette histoire, malgré la psychothérapie, je ne l’avais pas évacuée.

Il y a sept ou huit ans, la femme de mon médecin, qui faisait des pratiques alternatives, fleurs de Bach, etc, m’a conseillé de téléphoner à mon mari et de lui parler.
Il n’en était pas question.

Mais, je suis retournée chez nous. Et j’ai trouvé Adriano, que je n’avais pas revu depuis notre divorce.

Méconnaissable, amaigri, très malade…cirrhose du foie, cancer de l’estomac. Il avait un sac à provisions dans la main. On a parlé.
Si tu veux prends le cabas, je t’accompagne, je lui ai dit.
On a passé une heure ensemble et on a parlé.

Je lui ai pardonné. Je le lui ai dit et  quelque chose s’est libéré. Je pense qu’il me le demandait.

Je me rappelle très bien. On était chez des amis. Il avait bu. Il avait apporté la bouteille et on passe au lit. Je lui ai dit, j’en ai marre. Il a brisé le verre et il l’a mais à deux doigts de ma figure. Tais-toi ou je te défigure. Pourquoi j’ai pas réagi? Je ne savais pas à qui en parler.  Je ne savais pas qui pouvait me protéger. Je vivais quelque chose qui n’appartenait pas à ma vie ni à mon milieu. J’étais totalement dissociée.  Je n’arrivais pas à me raccorder à moi-même. On a voulu obéir à des injonctions.
C’était ma folie à moi de penser que je pouvais avoir une relation normale avec un homme fou.  C’étaient des illusions qui viennent du fait que l’on n’arrive pas à savoir qui on est. On a honte.

Y a pas eu de coups. Il s’est retenu, je ne sais pas pourquoi… Il avait sans doute envie de me tuer. Mais j’avais pas envie de mourir.

J’ai été morte longtemps…D’une certaine façon.
mais je suis vivante…
J’ai beaucoup pleuré…

Julien, 31 ans

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J’ai toujours pas fini mon deuil avec Marie…

Julien, 31 ans

J’ai été pendant quatre ans avec Marie. Nous nous connaissions depuis l’âge de 18 ans.On s’est toujours un peu fréquentés, toujours un peu vus entre deux relations.

Un jour, à son retour d’Australie, on a eu envie de se mettre ensemble.

Un an après, on avait un petit garçon. Comme on avait de petits problèmes financiers, on a habité un an chez sa mère. Ca a été très difficile. Puis on est revenus dans un chez nous.

Un soir, je l’appelle. Son téléphone décroche sans faire exprès. Elle était avec son amant. J’entends toute leur conversation pendant vingt minutes. Une boule dans la gorge. Sensation de vide. Plus de jambes. Bête…

Qu’est-ce qui se passe? Je la savais séductrice, mais pas à ce point! Elle arrive à la soirée avec une heure de retard. J’ai au fond de moi un sentiment de haine, une colère, très profondément. Je suis trop con! Comment j’ai pu me tromper ainsi sur elle? Et sur moi?

Viens! Il faut que je te parle! Je t’ai entendue!…

Elle nie. Puis elle avoue. Il vaut mieux que tu t ‘en ailles. Elle est partie… Je suis rentré chez nous très tard, j’ai pas dormi, sur le canapé.

Le lendemain, on en a discuté. Que fait-on? C’est une passade?

Non.
Je compte rester avec lui. Je te quitte…

J’ai pensé à mon petit garçon. Il avait trois ans. La priorité, c’est mon fils. Trouver l’appart, faire une chambre, tribunal pour enfants, garde alternée.

L’enfant ne souffre pas. Il est gardé par ma mère. Je voulais que ça se passe le mieux possible pour lui. Je suis près de chez ma mère, près de son école, pour des raisons pratiques.

S’installer, reprendre ses marques. J’avais perdu en une soirée le cocon familial. En deux mois, j’ai perdu douze kilos.

J’ai trente ans, j’ai un petit garçon. Ce sera difficile pour moi de reconstruire ma vie, d’avoir de nouveau confiance, d’imposer mon fils.

J’ai été assez volage pendant tout l’été. La séparation datait du mois de mai. C’était pour reprendre confiance en moi. Les filles apprécient cet atout, le côté moi je, confiance en soi.

Et puis, j’ai rencontré une fille incroyable de 21 ans. J’ai tout de suite dit que j’avais un petit garçon. Elle a accepté et ça se passe très bien. Au bout de six mois, j’ai présenté mon fils. Elle habite quasiment à la maison.

Pendant sa liaison, Marie me cachait très bien les choses, sorties entre potes, week-end avec des copines, mais au fond de moi, je savais qu’il y avait quelque chose. Je m’en doutais sans me l’avouer. Rien n’avait changé, pourtant.

Dans les histoires anciennes, il me semble que les garçons se rendaient odieux, pour que ce soit la fille qui rompe. Nous sommes très lâches…

Autre chose à dire; mes sentiments par rapport à Marie. Il y a une obligation de garder le contact. Je veux que ça se passe le mieux possible. Je la voyais assez souvent. Au début, ça a été dur de la revoir. C’est très difficile de se dire que la personne en face est très heureuse et nous totalement malheureux.

C’est pas juste que ça m’arrive. J’ai tout fait pour la rendre heureuse. . Mais elle s’ennuyait, elle avait besoin d’avoir peur, de prendre des risques. Je luttais contre la routine, je lui faisais des surprises. Elle ne faisait rien, elle est très égoïste.

Et puis, je me suis retrouvé, avec une force extraordinaire, un courage exceptionnel, hyperactif. J’ai tout réglé en dix jours. Les comptes communs, la garde. J’avais besoin de faire ça très vite. Pour pouvoir ensuite penser à moi. Le côté affectif…

Je pensais que je ne m’en remettrais jamais. Et puis, je suis passé à autre chose. Ma relation est bien différente. Je suis moins gentil. Je suis moins laxiste. Je délimite mon territoire. J’ai du mal à redonner ma confiance…Je doute tout de suite. Heureusement, elle est patiente et très intelligente.

Marie, de son côté, a imposé son compagnon à mon fils au bout de trois semaines. Elle faisait la fête tout le temps, buvait beaucoup, faisait des excès. J’ai eu peur pour mon fils et je l’ai donc gardé un jour de plus. elle s’en fichait, la priorité, c’était elle et son mec.

Ma chance, c’était ma mère.

Marie a perdu son travail. Perdu les prud’hommes. Ils ont été virés de leur appart. Lui, s’est barré en décembre…Six mois après notre rupture! Elle s’est aperçue qu’elle avait tout perdu…Nos amis ont pris mon parti. Elle a été encore plus seule. Elle est revenue vers moi. J’avais du mal à dire non.

Mais il fallait que je résiste. Ca se serait reproduit. J’étais pas si heureux que ça avec elle. Tu as l’air heureux, maintenant. Avant , tu avais l’air éteint, m’a dit une amie.

Ca a été ma vengeance. Ca m’a fait plaisir. J’ai assez rapidement tourné la page. Je me projetais dans un avenir, mes vieux jours avec elle. Tentatives de suicide, sonneries à cinq heures du matin… Maintenant, elle a laissé tomber.

Elle était influencée par sa mère, qui en était à son quatrième mari, plus tous les amants.

Je garde la tête froide. Mais je reste très attaché à elle, sensuellement… Je pourrais discuter toute la nuit avec elle. Peut-être beaucoup trop d’amitié.

Mes parents ont divorcé quand j’avais cinq ans. C’est mon beau-père qui m’a élevé. Un homme exceptionnel. Il s’est placé en ami.
Mon père, lui, n’a jamais travaillé. Il a des parents très riches qui l’entretiennent. J’ai eu la stabilité grâce à mes grands-parents. Je reproduis ça avec mon fils. Il a une enfance très gâtée. Je fais le contraire de ce qu’a fait mon père a fait. Et je le revois, pour que mon fils ait un grand-père…

Je suis toujours resté longtemps avec des filles, pour faire le contraire de mes parents. Et pourtant, ça s’est passé pareil.

J’ai déjà fait des plans d’avenir avec d’autres filles mais j’ai toujours pas fini mon deuil d’avec Marie. J’ai toujours ce sentiment de pas fini.

Je suis très proche de ma soeur. C’est ma meilleure amie. Onze mois d’écart. Quasiment jumeaux… Ma mère et ma soeur m’ont beaucoup aidé.
Le soutien familial est fort. Les amis aussi