Louise, 49 ans.

fitness-332278_1920.jpg

Tu n’es pas indispensable, tu es interchangeable.

Louise, 49 ans

Bon. je vais raconter la tromperie que j'ai provoquée. Je suis tombée sur un manipulateur.

Cela faisait 25 ans que je n'étais pas aimée de mon mari. C'était toujours moi qui allais vers lui, sauf quand il était bourré.

L'alcool était un problème. Chaque fois qu'il avait bu, il se conduisait comme un malotrus avec les femmes. Une attitude malsaine.

Très vite,  il a eu une absence de désir pour moi. Au  début, quand on n'était pas mariés, je l'ai connu très jeune, on faisait ça en cachette. Une fois que nous avons été mariés, j'avais plus de désir que lui. Quand j'allais vers lui, ça n'allait jamais. Il me faisait du chantage. Tu n'as pas été gentille, pas d'amour. Je mettais un mouchoir sur mon désir. Quand j'en parlais autour de moi, ma mère par exemple, elle disait: "C'est de la nourriture donnée aux cochons."

On a fait une thérapie de couple, et on a découvert que pendant son enfance, il avait été castré. Une mère couvante et un père castrateur. Mère catho, bête et méchante. Il vit avec elle, actuellement. Il n'est pas adulte, il est infantile. Le divorce l'a mis dans l'infantilisme. Zéro contrainte.

Alors, je l'ai trompé. La tromperie: le mec, un queutard. Il est tombé amoureux de moi. Divorcé. Bellâtre. Un médecin. Bonne éducation. Mais séducteur. Très intelligent. Cultivé. Au bout de deux ans, il me demandait de ne pas divorcer. Mon mari avait des doutes. Je lui ai demandé de faire une thérapie personnelle. N'aie pas peur de moi. Il faut que tu travailles sur toi.

Mon mari, je l'ai rencontré très jeune, il m'a protégée de mon père mais je l'ai trop idéalisé. Il était gentil, il me mettait en confiance, il m'aimait plus que tout. Il m'aime toujours d'ailleurs. J'avais 14 ans et lui 20, c'est un bel amour d'enfance. On était très complémentaires.

Et puis, il s'est tourné complètement vers la chasse. J'étais épanouie sexuellement, avec un peu de transcendance, car je l'aimais, il y avait comme une élévation de l'âme. Ca, je l'avais beaucoup lu, donc je le mettais en pratique. Moi, je n'étais pas méchante avec lui, je lui laissais sa chance. Il faut que tu me reconquières, que tu te rendes de nouveau attirant, que tu prennes des douches, que tu te brosses les dents. Viens quand tu te sens prêt. Mais j'avais quand même une culpabilité, par rapport à lui, par rapport à sa famille.

Mais ma volonté d'émancipation l'a emporté.

Et puis un jour, il m'a trompée. Ouvertement, comme s'il voulait se venger. Ou alors , il voulait que je le sache. Pour que je revienne. Et ça a marché. Je suis revenue. Comme je voyais qu'il était pris par cette nana, j'ai appelé la fille. Elle m'a dit que c'était fini avec moi. J'ai eu un sentiment d'abandon atroce, j'ai pris un fusil et j'ai voulu aller tirer dans son portail. Puis j'ai abandonné l'idée. J'avais la sensation de l'abandon face à mon père, si dur, pas tendre. Une fois, dans la nuit, j'ai appelé mon mari, avec une angoisse atroce. Je ne peux pas vivre sans toi. Merci de me dire cela, mais je reste avec l'autre, m'a t il dit.

Il me tenait par les couilles avec l'argent. Il est revenu finalement, puis reparti. J'étais tellement trahie que je ne dormais plus, je ne mangeais plus, je ne supportais pas les antidépresseurs. J'étais comme une petite fille, complètement esseulée.

Ma mère m'a été d'un grand secours. C'était le dernier qui parlait qui avait raison, j'étais d'une grande fragilité.

Quand il est revenu la dernière fois, j'ai dit OUFFFF!

Je l'ai gâté, mais ça marchait toujours aussi peu. Alors, on a décidé de divorcer. Je voulais un divorce réussi. Et je n'ai pas réussi.
Tu n'es jamais indispensable, tu es interchangeable.

J'ai été virée de ma belle-famille. Ils n'ont plus jamais pris de mes nouvelles.