Jean, 50 ans

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400 pages pour quelqu’un, c’est inexplicable

Jean, 50 ans

Jean, 50 ans

J’ai trompé…et je n’ai pas trompé!

Je me suis retrouvé dans une situation d’écrivain. La quête de l’absolu. Une illusion naturellement!!

Ecrire un livre pour décrire la violence d’une rencontre que vous ne comprenez pas, est-ce que c’est tromper? Une personne que j’ai croisée un jour et qui m’a bouleversé…Il n’y avait aucune explication rationnelle. Dans un Salon du Livre, j’ai rencontré quelqu’un. J’aimais ma femme et je suis devenu obsédé par quelqu’un d’autre.

Très inconfortable…

Et je me suis mis à écrire. Ca a été très violent lorsque j’ai avoué que ce livre avait été écrit sur des bases réelles. Pour quelqu’un d’autre. La quête de l’absolu.

Les conséquences ont été épouvantables… Enormément de tristesse. le sentiment d’avoir été dupé par la personne qui m’avait subjugué. Une sorte de crime pour rien. Car elle l’a su. Et elle s’est manifestée par un courrier rose qui est arrivé dans ma boite aux lettres. Avec une intentionnalité de dire j’existe. Peut-Être sans arrière-pensée? Mais j’ai idéalisé quelque chose…

Une profonde tristesse. Une année pour rien. C’est injustifiable. Ca ne peut vraiment pas être justifié.

Quatre cents pages pour quelqu’un, c’est inexplicable. Mais ça évite le passage à l’acte.

C’est l’autre qui définit le niveau de tromperie. Une tromperie intellectuelle peut être pire qu’une tromperie physique! J’ai eu le sentiment d’essayer de m’en sortir, pas de tromper, pas de faire mal.

Voila! Une année…

J’ai tourné la page de cette émotion mais je ne sais pas ce qu’il se passe dans la tête de ma femme.

Ca a une dizaine d’années, ça me rend triste, c’est violent et dérisoire. Ai-je vraiment été le jouet de quelqu’un? A quel jeu jouait-elle? Je suis le seul responsable de ce que j’ai crée.Je ne saurai jamais. Elle l’a lu. Elle ne l’a pas commenté. Elle n’a jamais écrit: C’est quoi ce délire?C’était simple de solder toute cette affaire par cette question. Et elle ne l’a pas fait.
J’ai evacué toute cette histoire depuis longtemps.

C’était tellement démesuré que ça a pu lui paraitre dément et violent.

Cela donne toutes les excuses à l’une comme à l’autre, à l’une de ne pas avoir répondu, à l’autre de vous en avoir voulu. Dans la passion, on frôle parfois la folie. Toujours.

Derrière, quand on atterrit, on mesure l’étendue des dégâts. Mais on a envie d’abord de survivre. Car il s’agit de survivre: on est malheureusement profondément égoïste.