Joséphine, 60 ans

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Tu t’éloignes pour ne pas souffrir

Josephine, 60 ans

Joséphine, 60 ans

Je n’ai pas trompé mais j’aurais rêvé de le faire…

Et je me demande encore aujourd’hui pourquoi je n’ai pas réussi à le tromper.

C’aurait été pour trouver quelque chose qui me manque et qui m’a toujours manqué. L’orgasme. En tout cas et plus largement, la tendresse, l’attention à moi, le regard sur moi. Et l’encouragement dans les voies que je prenais. Dans mes projets ou ma réalisation.

Rien n’est jamais bien. Ca n’encourage pas. Je n’ai jamais entendu c’est bien, Ca, c’est terrible, parce que c’est tous les jours! C’est toujours , oui, mais… C’est terrible.

Depuis le début, ça n’a jamais existé, malgré les enfants. C’est hallucinant. Inexpérience de part et d’autre, sûrement! Ca va venir… J’ai toujours ressenti que j’avais plus d’attentes que lui.

J’aurais voulu que ça dure la nuit entière…Quand tout se passe en 45 secondes, ce n’est pas possible! Ca a été suivi par une période où rien ne se passait plus. Si ce n’est des assauts au milieu de la nuit.

J’ai subi et refusé. Et depuis quinze ans au moins, plus rien…

Au fil des années, tu vis en parallèle, chacun son rythme. On ne se couche pas aux mêmes heures. Un baiser chaste de sa part tous les matins. Moi pas. Je n’y tiens pas. Et pour la tendresse, bonjour!

Lors des moments des souffrances de ma vie, la mort de mon père, la mort d’une amie, je ne l’ai jamais senti aidant. Probablement masculin. Tu t’éloignes pour ne pas souffrir. Tu ne partages pas. Ca, c’est certain…

Si on ne partage plus rien, les choses deviennent différentes.

Est-ce que je peux vivre comme ça? Et trouver un autre terrain pour nous deux? D’autres harmonies?

Les activités, les loisirs, les amis, des choses plus intellectuelles?

A part les activités sportives, pas d’intérêts communs. Il n’aime pas ce que j’aime.

C’est pathétique.
Alors, les plaisirs solitaires. Je ne suis pas coincée de ce ôté-là.

Et je fuis tout ce qui peut ressembler à une promiscuité, à de la sensualité. Même les trucs dansants. A la fois avec lui. Et avec d’autres. Pas par peur que ça m’arrive, mais par peur que ça m’arrive pas…

Peur de ne plus séduire. Je ne pourrais pas me laisser faire si l’homme ne me plaît pas. Je n’y pense plus aujourd’hui . Je m’efforce de ne plus y penser…

De temps en temps, il me fait peur. Peur de ses réactions, car il ne supporte pas la contradiction. Ses réactions peuvent être violentes. Verbalement uniquement. mais cela m’impressionne. Actuellement, je me défends de dire des choses qui peuvent le contrarier. Je ne dis plus ce que j’ai envie de lui dire. Ou bien, je le lui dis de façon cassante. Et je m’arrête. Le ton ne s’élève plus. Chacun ses distances. On sait qu’il ne faut pas aller au-delà. Il se met souvent en colère. Il crie. Je n’ai jamais raison. Pas d’insultes. Il ne casse rien. Un certain contrôle. Il pourrait claquer des portes. La mâchoire qui se visse. De grands gestes. Les mains qui s’écartent. Et j’ai peur…