Nathalie, 50 ans

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Avec Renaud, on est dans le je t’aime, moi non plus…

Nathalie, 50 ans

Nathalie, 50 ans

J’ai toujours eu des difficultés avec Renaud.

On est dans le  » je t’aime, moi non plus ». Il est très dur, très difficile à vivre. Il m’a toujours aimée. Mais je suis toujours la plus moche, la plus conne.

J’étais très timide et très peu sûre de moi. J’aurais eu besoin qu’on me valorise. Il ne l’a jamais fait… C’est un pervers narcissique, même si le terme est galvaudé. Et c’est insoignable. J’ai vu des gens pour me faire aider. Si je pouvais m’assumer toute seule, je serais déjà partie. J’ai souvent été au bord de partir…
Il me couvre de cadeaux. Et il me dénigre.

En parallèle, j’ai pas mal de succès ( NDA: c’est une très belle femme). J’ai des avances de pas mal d’hommes.

Je ne suis jamais allée plus loin, jusqu’au jour où en 2005, un client, pas très beau… je suis restée scotchée…le coup de foudre. C’est un homme à femmes.

Le lendemain, il me rappelle pour me proposer un rendez-vous. J’ai le texto un peu tard. Ca ne passe pas. Trois semaines plus tard,il me rappelle. Rien au téléphone. Pas de message. Je garde son numéro sous la lettre W dans mon télé^hone.

Nous partons en vacances.

Mon mari fouille mon téléphone devant des amis, trouve la lettre W. Il appelle W à minuit. Qui ne répond pas. Le lendemain matin, texto de W. Puis appel. Notre relation a démarré. Cela a duré trois ans. Amour passionné. Caché à tout le monde.Mon mari le premier. Folle passion. J’avais beaucoup de temps à l’époque…Tous les week-ends à la maison pendant les absences de mon mari.

J’étais mal. Quand mon mari était là, je guettais ses paroles, ses regards. Il n’a rien soupçonné.  Comment n’a-t’il pas vu, c’était écrit sur mon visage à quel point j’étais heureuse avec lui. Accord parfait sur le plan physique. D’une grande gentillesse. D’une grande tendresse. Embrasser. Prendre la main. Etre prévenant. Me caresser…

J’avais du mal à faire l’amour avec mon mari. C’était en pensant à l’autre. Je n’éprouvais rien pour mon mari. Non, je n’éprouvais rien. Pas de haine. De l’indifférence. Je me forçais. J’acceptais tous les reproches. Je n’étais plus seule.

Le pot aux roses, c’est mon fils qui l’a découvert.

Il a fouillé dans mon portable. Ca l’a traumatisé. Il avait 18 ans. Je lui ai parlé. Personne n’est parfait. Il n’aurait pas dû fouiller. Il était terrifié à l’idée d’une éventuelle séparation. Ca l’a marqué. Il n’a rien dit, ni à ses frère et soeur, ni à son père. Mais à une de ses amies, fille d’amie, qui l’a donc appris, elle aussi.

Mon mari l’a découvert ensuite. Trois jours avant une fête…une photo sur mon ordinateur. J’ai avoué la vérité.
Il s’est effondré. Le drame. Complètement déprimé. Il pleurait toute la journée. Un enfant. Je vais me foutre en l’air. Il m’a fait promettre que ce serait terminé.

Ca a été terrible pour moi. Arrêter net! Ca a été très, très violent. Mais ma famille passait avant tout. J’ai tenu parole. A moitié. Je lui ai expliqué qu’il fallait que je le revoie une dernière fois. Pour lui parler. Pour mettre fin à cette relation. Je te donne une heure. Je t’appelle à la maison pour savoir si tu es bien rentrée.

J’ai dit à mon mari que son fils le savait. Il lui a expliqué qu’il ne devait pas m’en vouloir et qu’il devait me respecter.

Ensuite, la reconstruction. Mon mari a tout fait pour me reconquérir. Il a été un autre homme. On se parlait. on se posait toutes les questions possibles. C’était très bien au lit. J’avais un peu plus de tendresse. Mais chassez le naturel, il revient au galop…

Il m’a fouillée pendant des mois. J’étais sous surveillance. J’étouffais. Je ne pouvais rien faire toute seule. J’ai appelé W.

Je l’ai relancé parce que j’avais besoin de lui parler. Mais on ne s’est jamais revus.

Et puis mon mari m’a fait une scène parce qu’un autre copain m’a envoyé un  texto un peu amoureux. Et il est tombé dessus. Et pourtant, je ne l’avais pas encouragé.
Mon mari a trouvé les textos, a pêté les plombs. Il m’a battue, m’a poussée jusqu’à ce que j’avoue que je téléphonais à W.

Il n’a jamais voulu croire que je ne l’avais jamais revu.

Je l’appelais une fois tous les deux mois. Relation très distante avec mon mari. On parle peu. On baise peu. Il m’envoie des vacheries. Il a pris son indépendance.  Il se prend en charge. Ca me surprend. Je suis partie une semaine. Je ne l’ai pas appelé.

On vit l’un à côté de l’autre. Je suis très mal. S’il me rend la pareille, je m’en fous un peu. J’aimerais presque, pour que nous soyons quittes. Cette indifférence me tue à petit feu. J’ai envie qu’il me touche, qu’il me parle, alors que je suis complètement transparente.

Je ne veux plus faire d’efforts pour elle, j’en ai trop fait!

On est malheureux tous les deux. Je lui ai écrit une lettre. Il a tout démonté, phrase par phrase.