Michel, 67 ans

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la fidélité, c’est une obligation sociale…

Michel, 67 ans

Michel, 67 ans

18 ans. Forcément, y a de la tromperie…

Je ne sais pas quoi vous dire… Les tromperies, c’est pas grave… Ca ne m’a jamais posé de problèmes, ni dans un sens, ni dans l’autre. Ca ne fait pas partie de ma morale! Je suis persuadé que l’être humain n’est pas fait pour être monogame.

Etre fidèle, c’est forcément une frustration et une obligation morale mais ça ne correspond à aucune finalité biologique.

La fidélité et l’amour, ça n’a rien à voir…

La fidélité est une obligation morale que l’on s’inflige par rapport à des normes sociales. De mon point de vue, je ne suis pas contre la polygamie. Tu peux être fidèle à quatre hommes ou quatre femmes à la fois. Tout le monde étant au courant, il n’y a pas de tromperie.

La polygamie institutionnalisée est comme la monogamie institutionnalisée. Y a pas de différence… Mais par économie, il vaut mieux avoir les femmes successivement que en même temps (cf au Maghreb)!!!

La fidélité n’est pas du tout importante. Y a forcément du mensonge, sinon tu cours à la catastrophe assez rapidement. Mensonge salutaire comme il y en a plein d’autres. Un jardin secret, c’est nécessaire à l’équilibre de quelqu’un. Le mensonge social, c’est important.

La personne avec laquelle tu vis, c’est pas un autre toi-même. La fusion, ce n’est pas une bonne chose. D’ailleurs, c’est impossible.

Je n’ai souffert par amour que physiquement. Pas psychologiquement ni sentimentalement.

Pendant dix-huit ans, je me suis comporté comme un coupable. Elle était tellement chiante de toutes les manières … Lâchement, j’avais pris le parti de tout accepter parce qu’au moindre truc, ça se terminait en catastrophe. Donc, j’étais toujours d’accord avec elle. A la fin seulement, elle m’a dit:

Mais pourquoi tu ne veux plus m’obéir?
C’est à ce moment-là que j’ai tout compris. Le jour de mes cinquante ans, je lui ai dit:

C’est une date qui compte, y aura plus rien comme avant, je ne t’obéirai plus.

Eh bien, je divorce…

Cinq ans de procédure.

J’avais été plusieurs fois chez le médecin. j’avais porté plainte… Des bleus. Mais aussi dans une boulangerie, elle m’avait barbouillé de chocolat avec un pain au chocolat devant tout le monde sur mon T-shirt blanc. Elle avait fait une crise de jalousie. C’était une jalousie maladive…Sa jalousie avait entraîné ma tromperie.

Je n’osais même pas demander à une employée si elle avait besoin d’un verre d’eau. J’avais intérêt à être à ses pieds…

Je n’étais pas un séducteur. En tout cas, je ne me voyais pas comme ça!

Y a un truc vrai, c’est que j’aime les gens, quels qu’ils soient.

Pendant ces dix-huit ans, j’ai été frustré. Je n’avais pas le droit d’aller vers les autres. Dans les premières années, j’ai fait des erreurs que je n’ai jamais refaites. Si je disais à l’issue d’un dîner: On a bien dîné, elle répondait: Chez nous, on mange mal?

Une susceptibilité maladive…

Elle m’a trompé…Ca ne m’a rien fait.

Il y a encore beaucoup de haine entre nous. Argent, saloperies. Il est possible que j’interdise qu’elle vienne à mes funérailles!!!

Jamais eu de liaisons. Un petit coup vite fait… J’ai toujours été gentil… J’ai jamais fait de mal à une mouche…