Julien, 31 ans

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J’ai toujours pas fini mon deuil avec Marie…

Julien, 31 ans

J’ai été pendant quatre ans avec Marie. Nous nous connaissions depuis l’âge de 18 ans.On s’est toujours un peu fréquentés, toujours un peu vus entre deux relations.

Un jour, à son retour d’Australie, on a eu envie de se mettre ensemble.

Un an après, on avait un petit garçon. Comme on avait de petits problèmes financiers, on a habité un an chez sa mère. Ca a été très difficile. Puis on est revenus dans un chez nous.

Un soir, je l’appelle. Son téléphone décroche sans faire exprès. Elle était avec son amant. J’entends toute leur conversation pendant vingt minutes. Une boule dans la gorge. Sensation de vide. Plus de jambes. Bête…

Qu’est-ce qui se passe? Je la savais séductrice, mais pas à ce point! Elle arrive à la soirée avec une heure de retard. J’ai au fond de moi un sentiment de haine, une colère, très profondément. Je suis trop con! Comment j’ai pu me tromper ainsi sur elle? Et sur moi?

Viens! Il faut que je te parle! Je t’ai entendue!…

Elle nie. Puis elle avoue. Il vaut mieux que tu t ‘en ailles. Elle est partie… Je suis rentré chez nous très tard, j’ai pas dormi, sur le canapé.

Le lendemain, on en a discuté. Que fait-on? C’est une passade?

Non.
Je compte rester avec lui. Je te quitte…

J’ai pensé à mon petit garçon. Il avait trois ans. La priorité, c’est mon fils. Trouver l’appart, faire une chambre, tribunal pour enfants, garde alternée.

L’enfant ne souffre pas. Il est gardé par ma mère. Je voulais que ça se passe le mieux possible pour lui. Je suis près de chez ma mère, près de son école, pour des raisons pratiques.

S’installer, reprendre ses marques. J’avais perdu en une soirée le cocon familial. En deux mois, j’ai perdu douze kilos.

J’ai trente ans, j’ai un petit garçon. Ce sera difficile pour moi de reconstruire ma vie, d’avoir de nouveau confiance, d’imposer mon fils.

J’ai été assez volage pendant tout l’été. La séparation datait du mois de mai. C’était pour reprendre confiance en moi. Les filles apprécient cet atout, le côté moi je, confiance en soi.

Et puis, j’ai rencontré une fille incroyable de 21 ans. J’ai tout de suite dit que j’avais un petit garçon. Elle a accepté et ça se passe très bien. Au bout de six mois, j’ai présenté mon fils. Elle habite quasiment à la maison.

Pendant sa liaison, Marie me cachait très bien les choses, sorties entre potes, week-end avec des copines, mais au fond de moi, je savais qu’il y avait quelque chose. Je m’en doutais sans me l’avouer. Rien n’avait changé, pourtant.

Dans les histoires anciennes, il me semble que les garçons se rendaient odieux, pour que ce soit la fille qui rompe. Nous sommes très lâches…

Autre chose à dire; mes sentiments par rapport à Marie. Il y a une obligation de garder le contact. Je veux que ça se passe le mieux possible. Je la voyais assez souvent. Au début, ça a été dur de la revoir. C’est très difficile de se dire que la personne en face est très heureuse et nous totalement malheureux.

C’est pas juste que ça m’arrive. J’ai tout fait pour la rendre heureuse. . Mais elle s’ennuyait, elle avait besoin d’avoir peur, de prendre des risques. Je luttais contre la routine, je lui faisais des surprises. Elle ne faisait rien, elle est très égoïste.

Et puis, je me suis retrouvé, avec une force extraordinaire, un courage exceptionnel, hyperactif. J’ai tout réglé en dix jours. Les comptes communs, la garde. J’avais besoin de faire ça très vite. Pour pouvoir ensuite penser à moi. Le côté affectif…

Je pensais que je ne m’en remettrais jamais. Et puis, je suis passé à autre chose. Ma relation est bien différente. Je suis moins gentil. Je suis moins laxiste. Je délimite mon territoire. J’ai du mal à redonner ma confiance…Je doute tout de suite. Heureusement, elle est patiente et très intelligente.

Marie, de son côté, a imposé son compagnon à mon fils au bout de trois semaines. Elle faisait la fête tout le temps, buvait beaucoup, faisait des excès. J’ai eu peur pour mon fils et je l’ai donc gardé un jour de plus. elle s’en fichait, la priorité, c’était elle et son mec.

Ma chance, c’était ma mère.

Marie a perdu son travail. Perdu les prud’hommes. Ils ont été virés de leur appart. Lui, s’est barré en décembre…Six mois après notre rupture! Elle s’est aperçue qu’elle avait tout perdu…Nos amis ont pris mon parti. Elle a été encore plus seule. Elle est revenue vers moi. J’avais du mal à dire non.

Mais il fallait que je résiste. Ca se serait reproduit. J’étais pas si heureux que ça avec elle. Tu as l’air heureux, maintenant. Avant , tu avais l’air éteint, m’a dit une amie.

Ca a été ma vengeance. Ca m’a fait plaisir. J’ai assez rapidement tourné la page. Je me projetais dans un avenir, mes vieux jours avec elle. Tentatives de suicide, sonneries à cinq heures du matin… Maintenant, elle a laissé tomber.

Elle était influencée par sa mère, qui en était à son quatrième mari, plus tous les amants.

Je garde la tête froide. Mais je reste très attaché à elle, sensuellement… Je pourrais discuter toute la nuit avec elle. Peut-être beaucoup trop d’amitié.

Mes parents ont divorcé quand j’avais cinq ans. C’est mon beau-père qui m’a élevé. Un homme exceptionnel. Il s’est placé en ami.
Mon père, lui, n’a jamais travaillé. Il a des parents très riches qui l’entretiennent. J’ai eu la stabilité grâce à mes grands-parents. Je reproduis ça avec mon fils. Il a une enfance très gâtée. Je fais le contraire de ce qu’a fait mon père a fait. Et je le revois, pour que mon fils ait un grand-père…

Je suis toujours resté longtemps avec des filles, pour faire le contraire de mes parents. Et pourtant, ça s’est passé pareil.

J’ai déjà fait des plans d’avenir avec d’autres filles mais j’ai toujours pas fini mon deuil d’avec Marie. J’ai toujours ce sentiment de pas fini.

Je suis très proche de ma soeur. C’est ma meilleure amie. Onze mois d’écart. Quasiment jumeaux… Ma mère et ma soeur m’ont beaucoup aidé.
Le soutien familial est fort. Les amis aussi